Les notes n'étaient pas sur pronote... Oubli ou bug?
J'ai mis les notes dont je croyais me souvenir. Si vous avez des réclamations, amenez vos copies demain.
Faites passer le mot.
10/06/2013
28/05/2013
Les Maîtres Fous
Les maîtres fous
Discussion de J. Rouch avec Raymond Depardon après projection:
Les statues meurent aussi de Resnais et Marker
Discussion de J. Rouch avec Raymond Depardon après projection:
Les statues meurent aussi de Resnais et Marker
Assassinat de Sylvanus Olympio
13 janvier 1963 :
Assassinat de Sylvanus Olympio, premier président élu (Togo)
Le Togo devient
indépendant le 27 avril 1960 et Sylvanus Olympio est élu président
aux dépens de Nicolas Grunitzky, candidat soutenu par la France,
lors d’élections supervisées par l'ONU.
Le 12 janvier 1963,
d'anciens tirailleurs de l’armée coloniale française, dont le
sergent-chef Etienne Gnassingbe Eyadema, démobilisés au terme de la
guerre d’Algérie, prennent d'assaut le camp militaire Tokoin à
Lome. Ils réclament ce qui leur était refuse jusqu'alors, à savoir
leur incorporation dans l’armée nationale. Les officiers français
qui encadrent l’armée togolaise parlementent avec les mutins.
« Vous n'y pensez-pas, leur auraient répondu les conseillers
techniques métropolitains, jamais le Président n'acceptera une
telle chose. Il vous fera plutôt fusiller. » Les insurgés
prennent peur. Vers minuit, ils décident de prendre d'assaut la
résidence présidentielle. Sylvanus Olympio réussit à s’échapper
et tente de trouver refuge dans la cour de l'ambassade américaine.
L'ambassadeur des États Unis le découvre mais n'a pas la clé pour
le faire entrer dans l'ambassade. Il prévient son homologue
français, Henri Mazoyer. Quelques instants après, les mutins se
saisissent d'Olympio et le tuent. En 1967, Eyadema, qui revendiquera
le crime, renverse le nouveau pouvoir présidé par Nicolas
Grunitzky, poulain de Jacques Foccart. Depuis, le 13 janvier, date de
l'assassinat d'Olympio, est jour de fête nationale. Francois
Mitterrand l'a honore de sa présence en 1983.
Implication de la France :
Sylvanus Olympio a eu le tort de s'être forme en Angleterre,
d'inviter l'ancien commissaire impérial allemand du Togo land et de
vouloir battre une monnaie nationale garantie sur le deutschmark (le
Togo était une colonie allemande avant 1918). L'ambassadeur français
plaidera la thèse de la bavure. Mais pourquoi les conseillers
militaires français ne sont-ils pas intervenus ? Tout porte à
croire que les services secrets français ont encouragé les
insurges, en particulier le commandant Georges Matrier, membre du
SDECE et conseiller de Olympio pour les affaires de sécurité ! La
France reconnaîtra le pouvoir issu du putsch avec lequel elle
signera un accord d'assistance militaire.
Sources : Pascal Krop, Le
génocide franco-africain, J.C. Lattes, 1994, p. 111 ; Francois
Xavier Verschave, La Françafrique - Le plus long scandale de la
République, Stock, p. 109-126 ;
Récit de cet assassinat sur le site du journal Jeune Afrique
23/05/2013
07/05/2013
Un entretien de Kourouma
Donné à la revue Politique africaine.
http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/075178.pdf
http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/075178.pdf
Questions pour aider à faire une biographie de Kourouma.
Attention: il ne s'agit pas de répondre aux questions, mais d'écrire une biographie de Kourouma. Les questions ne sont données que pour vous orienter.
Conseil
1° Il faut donc se référer à d'autres biographies que celle que propose Wikipedia. Faire un travail de comparaison et repérer les incohérences afin de chercher à les résoudre.
2° Taper "biographie Kourouma " est certes la première démarche à effectuer sur un moteur de recherches, mais c'est insuffisant. Il faut ensuite affiner la recherche en entrant d'autres mots-clés correspondant aux points précis que l'on cherche à connaître.
3° La première biographie consacrée à l'auteur a été publiée en 2010. Il de l'ouvrage de Jean-Michel Djian, Ahmadou Kourauma, aux Editions du Seuil (à consulter, par exemple dans une bibliothèque).
Questionnaire
Les origines, l'enfance, la jeunesse de Kourouma
1. Quelle est la date de naissance de Kourouma ?
2. Dans quel pays est né ? Quel est son statut d l'époque ? Quelle est sa capitale ? A quel ensemble appartient-il ?
3. De quelle ethnie la famille de Kourouma fait-elle partie? Pourquoi cette question est-elle importante en Afrique? Quels autres noms donne-t-on à cette ethnie ? Quel rôle a-t-telle joué dans l’histoire de l'Afrique occidentale ?
4. A quelle classe sociale traditionnelle appartiennent les ancêtres de Kourouma ? Cette situation est-elle encore possible au début du XXe siècle?
5. Qui a élevé le jeune Kourouma? Est-ce inhabituel en Afrique de l'Ouest ? Quelle profession exerçait celui qui l'a élevé? Quel était son statut? En quoi était-il relié à la tradition ?
6. Quelle est la religion originelle de Kourouma? Comment l’expliquer, du point de vue historique et géographique? Quelles sont les autres religions présentes dans son pays natal?
7. Dans quel pays Kourouma a-t-il commencé A quel mouvement politique a-t-il participé, comme beaucoup de jeunes gens de son époque ?
8. Quelle conséquence a eu cet engagement poour lui? Où Kourouma a-t-il été envoyé ? Pour quoi faire ?
9. En 1954, dans quel pays Koumuma est-il arrivé ? Qu’y a-t-il fait?
Le retour au pays, les exils et l’écriture
1. En quelle année son pays est-il devenu indépendant? Quand Kourouma y est-il retourné ?
2. Qui a pris le pouvoir dans son pays? Quelles relations furent celles de l‘écrivain avec ce président ? Quelles ont été les conséquences de ces relations ?
3. Dans quels pays successifs Kourouma a-t-il vécu? Durant quelles années? A-t-il pu rentrer dans son pays? Pourquoi en est-il reparti ?
4. Quel est le premier roman qu'il ait écrit ? Pour quelles raisons ? Quand ce roman a-t-il été publié pour la première fois ?
5. Comment s’appelle le deuxième roman de Kourouma? Quand été publié ?
6. Quand Kourouma publié En attendant le vote des bêtes sauvages ? A quel célèbre texte ce titre fait-il allusion? Que suggère cette allusion ?
7. En quelle année le président de son pays es Kourouuma a-t-il pu rentrer dans son pays par la suite ?
8. Quels événements politiques ont déchiré son pays dans les dernières années de sa vie. Quelle position a-t-il pris dans ces événements À quoi a-t-il été contraint cette fois encore ?
9. En quelle année Kourouma est-il mort ? Où ?
14/04/2013
En attendant le vote des bêtes sauvages.
Le livre est arrivé à la librairie Teissier. C'est votre lecture de vacances. Bon courage pour le devoir commun.
11/04/2013
Les ensorcelés
Ce film est largement analysé.
Voici, entre autres, une critique d'un cineclub.
Pour ceux qui ont le courage, une conférence qui analyse des séquences du film, en le replaçant dans son contexte.
Cours de cinéma "Les Ensorcelés" analysé par... par forumdesimages
04/04/2013
Analyse de films
Une série intéressante de 10 épisodes, par les critiques cinéma du journal Le Monde. Le format est court - environ 3min30 - et ils expliquent quelques "trucs" du cinéma. Attention, ils n'exposent rien sur la composition proprement dite. J'ai personnellement appris ce qu'était un McGuffin.
Voici le premier numéro, sur le cri Willem
"Contrechamp", épisode 1 : le cri de Wilhelm par lemondefr
Voici le premier numéro, sur le cri Willem
"Contrechamp", épisode 1 : le cri de Wilhelm par lemondefr
21/02/2013
Sujet sur Victor Hugo
Les absents doivent me le rendre à la rentrée: le sujet est ici.
Il faut aussi lire Le chevalier inexistant de Calvino. (il est arrivé à la librairie Teyssier)
Il faut aussi lire Le chevalier inexistant de Calvino. (il est arrivé à la librairie Teyssier)
19/02/2013
S'entraîner au commentaire
Je mets à votre disposition un répertoire. Il s'agit d'un vieux manuel, Organibac, qui permet de bien s'entraîner au commentaire.
Vous y trouverez, dans l'ordre:
Vous y trouverez, dans l'ordre:
- Un exemple de fabrique de commentaire sur le poème de Verlaine, Auberge. Il est presque indispensable que vous le lisiez. On y lit la phase de recherche, l'élaboration du plan et le travail de rédaction. Il sera utile que, avant chacune des étapes, vous réfléchissiez (aux relevés que vous feriez, au plan que vous proposeriez, à la façon dont vous le rédigeriez).
- Le second document propose trois textes (Maupassant, Proust, Apollinaire) sur lequel pratiquer. Le texte de Maupassant est traité en détail, ne manque que la rédaction (vivement conseillé de vous y atteler).
- Troisième document: plans détaillés de commentaires pour Proust et Apollinaire. (Il manque la première page, je vous le referai).
12/02/2013
11/02/2013
De la correction des poésies lycéennes
Une correction objective de vos poésies me semble impossible: je ne pourrais juger qu'en fonction de ma propre esthétique - ce que je pense que doit être un poème- , laquelle dépend de ma situation socio-historique (celle d'un petit-bourgeois, blanc, trentenaire du début du XXIème siècle).
Question légitime: comment puis corriger vos autres devoirs, la nouvelle réaliste notamment? Les commentaires que vous avez dû faire ne relèvent pas d'un genre littéraire, mais d'un exercice scolaire. La nouvelle réaliste, au contraire, est un genre daté, qui atteint son sommet dans la seconde partie du XIXème siècle, qui utilise un certain nombre de techniques (pt de vue interne et discours indirect libre, rythme du récit, attention au sentiment, dénonciation des préjugés bourgeois, descriptions expressives... etc).
J'aurais pu les corriger et les noter, si je vous avais demandé de produire un genre déterminé, que nous avons étudié: un sonnet romantique ou symboliste, avec des thèmes précis (éternité, Idéal ou nature), et des techniques (rupture de rythme, récit ou expression lyrique...)
Mais je ne l'ai pas fait. Je craignais tant que cela soit trop difficile que je ne vous ai même pas contraint à utiliser un mètre défini. Et ce, afin de privilégier votre expression intime. Cette faiblesse est une erreur: je trouve que, parmi vos poésies, les meilleures sont celles qui ont adopté une forme existante.
Notes sur ce que j'aime, ou pas:
+ une ponctuation expressive: le "!" pour souligner les sentiments, intensifier les paroles, comme des cris ou des chuchotements
+ une ponctuation suspensive ("..." ou "-") casse le rythme de l'énonciation, qui n'est plus vue comme évidente, mais comme à la recherche d'elle-même. En amour, ou en poésie d'amour, le plus important se trouve souvent dans les silences et les non-dits.
+ la musicalité d'un vers, quelle que soit sa longueur, plus que celle d'une rime; et cela passe par le rythme (césure, enjambements, allitérations...)
+ les thèmes: une poésie d'amour parle de la vie dans son ensemble (et souvent de son contraire: la mort ou l'Idéal - sans que cela vienne de l'image éculée "sans toi, je ne puis vivre, aïe, aïe, aïe")
- rimes plates qui "ne riment à rien", mais sont là pour faire "poétiques" et manquent leur but en faisant chanson d'amour à la mode
- rimés au son "é", qui utilisent le son le plus fréquent en français, et donc le moins expressif.
- la poésie déclaration/lettre d'amour, pleine de "tu, toi" et de "beau, magique"
- thèmes et métaphores gnan-gnan, ce que les gens en général trouvent "joli" ou "poétique". Est poétique ce qui renouvelle les images que nous partageons tous.
Rappel: vos copies sont disponibles en ligne.
Question légitime: comment puis corriger vos autres devoirs, la nouvelle réaliste notamment? Les commentaires que vous avez dû faire ne relèvent pas d'un genre littéraire, mais d'un exercice scolaire. La nouvelle réaliste, au contraire, est un genre daté, qui atteint son sommet dans la seconde partie du XIXème siècle, qui utilise un certain nombre de techniques (pt de vue interne et discours indirect libre, rythme du récit, attention au sentiment, dénonciation des préjugés bourgeois, descriptions expressives... etc).
J'aurais pu les corriger et les noter, si je vous avais demandé de produire un genre déterminé, que nous avons étudié: un sonnet romantique ou symboliste, avec des thèmes précis (éternité, Idéal ou nature), et des techniques (rupture de rythme, récit ou expression lyrique...)
Mais je ne l'ai pas fait. Je craignais tant que cela soit trop difficile que je ne vous ai même pas contraint à utiliser un mètre défini. Et ce, afin de privilégier votre expression intime. Cette faiblesse est une erreur: je trouve que, parmi vos poésies, les meilleures sont celles qui ont adopté une forme existante.
Notes sur ce que j'aime, ou pas:
+ une ponctuation expressive: le "!" pour souligner les sentiments, intensifier les paroles, comme des cris ou des chuchotements
+ une ponctuation suspensive ("..." ou "-") casse le rythme de l'énonciation, qui n'est plus vue comme évidente, mais comme à la recherche d'elle-même. En amour, ou en poésie d'amour, le plus important se trouve souvent dans les silences et les non-dits.
+ la musicalité d'un vers, quelle que soit sa longueur, plus que celle d'une rime; et cela passe par le rythme (césure, enjambements, allitérations...)
+ les thèmes: une poésie d'amour parle de la vie dans son ensemble (et souvent de son contraire: la mort ou l'Idéal - sans que cela vienne de l'image éculée "sans toi, je ne puis vivre, aïe, aïe, aïe")
- rimes plates qui "ne riment à rien", mais sont là pour faire "poétiques" et manquent leur but en faisant chanson d'amour à la mode
- rimés au son "é", qui utilisent le son le plus fréquent en français, et donc le moins expressif.
- la poésie déclaration/lettre d'amour, pleine de "tu, toi" et de "beau, magique"
- thèmes et métaphores gnan-gnan, ce que les gens en général trouvent "joli" ou "poétique". Est poétique ce qui renouvelle les images que nous partageons tous.
Rappel: vos copies sont disponibles en ligne.
Poèmes à lire, comme correction du poème d'amour à écrire
J'ai mis à votre disposition un dossier contenant des poésies amoureuses.
Il vous sera bon de le consulter, non seulement pour votre culture, mais surtout pour trouver quelques idées. Les images que vous retiendrez ici seront utiles pour votre carrière de séducteur-rice, plus que ce que vous trouverez sur le Net.
Il contient, dans l'ordre:
- El Desdichado, poésie romantique par excellence, qui pleure un amour idéal perdu. Les références vous seront peut-être obscures: il n'en reste pas moins un chant très beau.
- I,5: Coup de foudre entre Roméo et Juliette, dans la pièce de Shakespeare, au bal des Capulets. Première réplique remarquable, de Roméo lorsqu'il voit Juliette la première fois (love at first sight...)
- III, 5: Roméo et Juliette se séparent, et ne se reverront plus. Textes de Shakespeare en regard de celui de la comédie musicale, pour cette même scène. Observez la pauvreté de ce dernier, et évitez d'écrire vos sentiments ainsi.
- Anthologie de quelques poèmes d'amour choisis.
Les formes de l'argumentation
Voici un article paru dans le journal Le Monde, qui résume ce que vous devez savoir de l'éducation
Les formes de l'argumentation
Un
texte dit « argumentatif » est un texte qui défend une
thèse et tente de la faire partager à son lecteur. Cet objectif
particulier ne concerne pas que le « fond » : il a
une influence sur la forme même du texte.
1. Les objectifs et les procédés du texte argumentatif
Thème et thèse
Tout
texte comporte un thème, c'est-à-dire un sujet dont il s'empare et
qu'il traite. Mais le texte argumentatif comprend aussi une thèse,
c'est-à-dire un
avis, un jugement qu'un locuteur défend.
Il faut donc, face à ce type de textes, identifier (et distinguer)
le thème et la thèse. Par exemple, un texte peut traiter du thème
de l'école, et défendre la thèse selon laquelle l'école telle
qu'elle existe n'est plus adaptée au monde contemporain.
Comme le montre cet exemple, le thème peut être reformulé par un mot ou un groupe de mots (ici : l'école), tandis que la thèse peut être reformulée par une phrase verbale (ici : l'école telle qu'elle existe n'est plus adaptée au monde contemporain).
À la thèse soutenue par l'auteur s'oppose la thèse adverse, ou thèse réfutée.
Comme le montre cet exemple, le thème peut être reformulé par un mot ou un groupe de mots (ici : l'école), tandis que la thèse peut être reformulée par une phrase verbale (ici : l'école telle qu'elle existe n'est plus adaptée au monde contemporain).
À la thèse soutenue par l'auteur s'oppose la thèse adverse, ou thèse réfutée.
Arguments et exemples
Afin
de défendre sa thèse, l'auteur du texte emploie des arguments :
des idées, des causes, des références. Il les appuie et les
rend plus
concrets grâce à des exemples.
- Un argument est abstrait, général : il fait le plus souvent appel à la logique.
- Un exemple est plus concret, plus particulier, voire même anecdotique.
Cependant,
un exemple particulièrement frappant peut prendre valeur d'argument.
Convaincre et persuader
Un
locuteur cherchant à faire adhérer un lecteur à la thèse qu'il
développe peut emprunter deux directions :
- soit il s'adresse à la raison de son destinataire, auquel cas il tente de le convaincre ;
- soit il essaie de toucher les sentiments du récepteur, auquel cas il passe par la persuasion.
En
pratique, les textes mêlent le plus souvent ces deux voies, et
allient la pertinence d'arguments convaincants à un style frappant
et persuasif.
L'énonciation dans un texte argumentatif
Puisque
l'auteur défend une position, il s'exprime généralement dans
le registre
du discours plus
que dans celui du récit (même si des exceptions existent). On
trouve donc dans le texte argumentatif :
- la présence plus ou moins nettement marquée du locuteur : « je », termes modalisateurs (indiquant une évaluation, une vision subjective), mots mélioratifs ou péjoratifs… ;
- la présence de l'interlocuteur : l'auteur s'adresse parfois directement au lecteur (pronom « vous »), lui pose des questions, l'interpelle… ;
- des interrogations rhétoriques, c'est-à-dire dont la réponse est en quelque sorte contrainte ;
- le pronom « on » qui offre des possibilités multiples : « on » généralisant, permettant de délivrer une sentence ; « on » inclusif, dans lequel l'auteur et/ou le lecteur sont compris ; « on » exclusif, grâce auquel l'auteur se détache d'un groupe pour montrer que son opinion diffère.
On
trouve également, outre ces indices énonciatifs :
- des liens logiques de cause, de conséquence, de concession… ;
- une structure logique, visible en particulier dans l'emploi de paragraphes distincts ;
- des figures de style : amplification, images… ;
- un ou plusieurs registres (suivant les intentions de l'auteur) : ironique, satirique, polémique…
2. Les formes de l'argumentation
L'argumentation
peut être directe ou indirecte :
elle est dite « indirecte » ou « oblique »
lorsque le locuteur emprunte le
biais de la fiction pour
faire passer sa thèse ou son message.
Les formes directes
- l'essai est un ouvrage, de forme assez libre, dans lequel l'auteur expose ses opinions (cf. Montaigne, Les Essais) ;
- le pamphlet est un écrit satirique, souvent politique, au ton virulent (Voltaire) ;
- le plaidoyer est la défense d'une cause, le réquisitoire est une accusation ;
- le manifeste est une déclaration écrite, publique et solennelle, dans laquelle un homme, un gouvernement ou un parti expose un programme ou une position (on trouve ainsi des manifestes de groupes d'artistes, autour d'un programme esthétique : cf. Le Manifeste du surréalisme) ;
- la lettre ouverte est un opuscule souvent polémique, rédigé sous forme de lettre ;
- la préface est un texte placé en tête d'un ouvrage pour le présenter, en préciser les intentions, développer ses idées générales (Préface de Cromwell, ou encore Préface du Dernier Jour d'un condamné, de Victor Hugo) ;
- l'éloge, le panégyrique, le dithyrambe sont des textes marquant l'enthousiasme et l'admiration que leur auteur voue à quelque chose ou quelqu'un.
Les formes liées à la presse écrite
Journaux
et revues accueillent régulièrement des textes argumentatifs :
- l'éditorial est un article émanant de la direction du journal. Il engage la responsabilité du rédacteur en chef et de l'ensemble du journal, tout en restant une parole individuelle (celle du journaliste qui le signe) ;
- le billet d'humeur est une courte chronique où le rédacteur s'adresse en son nom à une ou plusieurs personnes, sur un sujet d'actualité ;
- un journal peut également publier une lettre ouverte : cf. le célèbre J'accuse, de Zola, paru dans l'Aurore.
Les formes obliques
- la fable (La Fontaine) ;
- le conte (Perrault, Le Petit Chaperon rouge) et le conte philosophique(Voltaire, Candide) ;
- l'apologue (récit souvent bref contenant un enseignement : on voit que les deux premières formes citées appartiennent au genre de l'apologue) ;
- l'utopie (genre littéraire dans lequel l'auteur imagine un univers idéal, par exemple l'abbaye de Thélème, chez Rabelais) et la contre-utopie (1984, d'Orwell) ;
- le dialogue (parfois dialogue philosophique, cf. Diderot, ou Sade) ;
- le théâtre (Marivaux, L'Île des esclaves).
3. Littérature et argumentation
La
liste des genres au travers desquels peut se déployer
l'argumentation montre que celle-ci n'est pas réservée aux essais
abstraits, aux traités théoriques, ou aux articles. L'argumentation
a toujours été liée à la littérature, et en particulier à la
fiction. En
effet, pour transmettre une idée, pour convaincre et persuader, le
style est un auxiliaire extrêmement efficace :
la force d'un argument est d'autant plus grande qu'il est exprimé de
manière séduisante. Ainsi, on comprend l'intérêt que ceux qui
cherchent à étayer une thèse portent à la qualité littéraire de
leurs textes. Les Essais de
Montaigne, les Pensées de
Pascal, les Salons de
Diderot, les préfaces de Hugo, etc. sont encore lus aujourd'hui, non
seulement en raison des idées et réflexions qu'ils contiennent,
mais aussi parce que la force et la beauté de leur écriture nous
touchent. Sartre dit que « l'écrivain engagé sait que la
parole est action […]
Il sait que les mots, comme dit Brice Parrain, sont des "pistolets
chargés". S'il parle, il tire ». Cette citation souligne
le pouvoir qu'ont certaines formules – capables de « faire
mouche » – d'atteindre ce qui est visé et celui qui est
destinataire, et ce pas uniquement dans la littérature dite
engagée.
Mais l'argumentation ne se contente pas de réclamer un « style », un talent d'écriture. Elle passe parfois par la fiction, c'est-à-dire que, paradoxalement, elle utilise l'imaginaire afin de soutenir une opinion sur un élément bien réel. Cette association de l'argumentation et de la fiction existe dès les premiers récits fondateurs : dans L'Iliade et L'Odyssée d'Homère, ou encore dans les chansons de geste du Moyen Âge, s'opère une alliance entre le récit d'exploits et l'exaltation de valeurs, de positions, que l'auteur cherche à faire partager à ses auditeurs ou lecteurs. Pourquoi donc ce « détour » par la fiction ? La Fontaine écrit, dans lesFables, à propos de l'apologue :
Mais l'argumentation ne se contente pas de réclamer un « style », un talent d'écriture. Elle passe parfois par la fiction, c'est-à-dire que, paradoxalement, elle utilise l'imaginaire afin de soutenir une opinion sur un élément bien réel. Cette association de l'argumentation et de la fiction existe dès les premiers récits fondateurs : dans L'Iliade et L'Odyssée d'Homère, ou encore dans les chansons de geste du Moyen Âge, s'opère une alliance entre le récit d'exploits et l'exaltation de valeurs, de positions, que l'auteur cherche à faire partager à ses auditeurs ou lecteurs. Pourquoi donc ce « détour » par la fiction ? La Fontaine écrit, dans lesFables, à propos de l'apologue :
C'est
proprement un charme : il rend l'âme attentive,
Ou plutôt il la tient captive
Ou plutôt il la tient captive
Selon
le fabuliste, la
fiction séduit le lecteur, et fonctionne comme un appât :
elle ensorcelle par le récit du conte ou de la fable, et la moralité
(ou la thèse défendue) devient ainsi plus « digeste ».
L'essai peut en effet apparaître comme ardu et rebutant. Un récit
au contraire est toujours plaisant par les animaux qu'il met en
scène, les dialogues qu'il utilise, etc.
Conclusion
Les
Classiques, au xviie siècle,
avaient pour devise « instruire et plaire » – et
l'apologue est précisément le lieu où les deux actes peuvent se
conjuguer. Lexviiie siècle
a lui aussi fait le détour par la fiction, pour défendre les idées
des Lumières : les contes de Voltaire sont des essais ou des
pamphlets rendus concrets et vivants grâce aux personnages et aux
registres comique, satirique, etc. Marivaux ou Beaumarchais
illustrent la réflexion sur l'individu et la justice sociale dans
leurs pièces de théâtre : au travers des dialogues et des
confrontations de personnages, le spectateur voit s'incarner des
idées et des avis contradictoires. L'Île
des esclaves,
de Marivaux, mêle par exemple à la fois le genre théâtral et
l'utopie. D'autres formes fictionnelles sont encore convoquées,
comme le dialogue, chez Diderot (Le
Neveu de Rameau).
Des origines jusqu'à nos jours, la fiction est donc toujours
l'alliée de l'argumentation : au xxe siècle,
la contre-utopie (1984,
d'Orwell) et l'apologue (Matin
brun,
de Franck Pavloff) sont encore bien présents.
04/02/2013
Wordle
Wordle permet de créer des images affichant les mots les plus fréquents d'un texte. C'est parfois utile pour voir immédiatement un thème. C'est souvent simplement joli.
Voici celui de Pierre et Jean par exemple.
Ou celui de Dom Juan
Voici celui de Pierre et Jean par exemple.
Ou celui de Dom Juan
30/01/2013
Des chansons d'enfants
J'écris ce message, à peine sorti du cours. Que vous soyez surpris que les chansons d'enfant aient souvent des connotations sexuelles est normal. Pardon à ceux que cela a pu choquer, et qu'ils arrêtent leur lecture ici. On n'en parlera plus en classe. Je prends aussi la peine d'écrire pour que vous n'imaginiez pas que je suis obsédé, dérangé ou délirant. :-)
En général, ces chansons-là ont marqué leur époque et survécu pour leur sens fort, qui est soit sexuel, soit politique: "Au clair de la lune" (sex.), "Il pleut bergère (sex. et pol), "la carmagnole" (pol.)
Les comptines, elles, jouent beaucoup plus sur les sons (avec ruptures, dialogues) et les images improbables
Prenons "Au clair de la lune"
Recherche google pour "battre le briquet"
PS: Vous pouvez chercher par google, vous trouverez vite toutes les chansons enfantines expliquées.
En général, ces chansons-là ont marqué leur époque et survécu pour leur sens fort, qui est soit sexuel, soit politique: "Au clair de la lune" (sex.), "Il pleut bergère (sex. et pol), "la carmagnole" (pol.)
Les comptines, elles, jouent beaucoup plus sur les sons (avec ruptures, dialogues) et les images improbables
Prenons "Au clair de la lune"
Recherche google pour "battre le briquet"
- le 1er site donne pour définition à cette expression: "
Faire une étincelle, en frappant la
pierre à briquet. Faire la cour à une demoiselle. Avoir un rapport
sexuel. Se taper les genoux en marchant."
- le 2nd site donne la définition, mais cite aussi le poème, avant de donner quelques éclaircissements. Je ne cite que ce qu'il dit:
"Venons-en maintenant à notre chanson « enfantine ».
Pour rappel, en voici le texte usuel (sachant que diverses variantes existent) :
Au clair de la lune, mon ami Pierrot
Prête-moi ta plume, pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte, je n'ai plus de feu.
Ouvre-moi ta porte, pour l'amour de Dieu.
Au clair de la lune, Pierrot répondit :
- « Je n'ai pas de plume, je suis dans mon lit.
Va chez la voisine, je crois qu'elle y est
Car dans sa cuisine, on bat le briquet. »
Au clair de la lune, l'aimable lubin
Frappe chez la brune, elle répond soudain
- « Qui frappe de la sorte ? », il dit à son tour
- « Ouvrez votre porte pour le Dieu d'Amour »
Au clair de la lune, on n'y voit qu'un peu
On chercha la plume, on chercha du feu
En cherchant d'la sorte je n'sais c'qu'on trouva
Mais je sais qu'la porte sur eux se ferma.
Il est très probable que, dans la version originale, on parlait de lume (la lumière nécessaire pour pouvoir voir quand la chandelle est éteinte) et non de plume, même si, pour écrire, il fallait bien une plume.
Mais, sachant que Lubin (troisième strophe), dans une ballade de Clément Marot au XVIe siècle, était le nom d'un moine dépravé, sachant qu'on évoque ici une « chandelle » dans un état désastreux, qu'il suffit d'aller chez la voisine qui bat volontiers le briquet pour s'enfermer avec elle et rallumer le feu et qu'à la fin, on feint d'ignorer ce qu'il se passe entre eux, croyez-vous toujours que cette chanson, si pleine de sous-entendus, est si innocente que ça ?
"
Pour rappel, en voici le texte usuel (sachant que diverses variantes existent) :
Au clair de la lune, mon ami Pierrot
Prête-moi ta plume, pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte, je n'ai plus de feu.
Ouvre-moi ta porte, pour l'amour de Dieu.
Au clair de la lune, Pierrot répondit :
- « Je n'ai pas de plume, je suis dans mon lit.
Va chez la voisine, je crois qu'elle y est
Car dans sa cuisine, on bat le briquet. »
Au clair de la lune, l'aimable lubin
Frappe chez la brune, elle répond soudain
- « Qui frappe de la sorte ? », il dit à son tour
- « Ouvrez votre porte pour le Dieu d'Amour »
Au clair de la lune, on n'y voit qu'un peu
On chercha la plume, on chercha du feu
En cherchant d'la sorte je n'sais c'qu'on trouva
Mais je sais qu'la porte sur eux se ferma.
Il est très probable que, dans la version originale, on parlait de lume (la lumière nécessaire pour pouvoir voir quand la chandelle est éteinte) et non de plume, même si, pour écrire, il fallait bien une plume.
Mais, sachant que Lubin (troisième strophe), dans une ballade de Clément Marot au XVIe siècle, était le nom d'un moine dépravé, sachant qu'on évoque ici une « chandelle » dans un état désastreux, qu'il suffit d'aller chez la voisine qui bat volontiers le briquet pour s'enfermer avec elle et rallumer le feu et qu'à la fin, on feint d'ignorer ce qu'il se passe entre eux, croyez-vous toujours que cette chanson, si pleine de sous-entendus, est si innocente que ça ?
"
Le sens n'est pas vraiment caché: il suffit pour toutes ces chansons de les lire en entier, quand souvent on ne les connaît pas, et de ne pas être trop naïf, trop "enfant".
Comme me l'a demandé Colin, j'ai bien chanté ces chansons avec mes enfants, sans leur en avoir expliqué le sens. Elles gardent en effet leur sens simple (simpliste?), et leurs mélodies agréables.
PS: Vous pouvez chercher par google, vous trouverez vite toutes les chansons enfantines expliquées.
29/01/2013
Roman: sites d'nspiration
Quand on utilise un site, il faut le citer si on le recopie, c'est le minimun du respect.
Attention, je ne me laisse pas piéger par la reformulation simple, par synonyme, ou transformation d'un adjectif en nom ("rigidité paternelle" qui devient "rigidité de père"): je ne crois pas qu'il s'agisse d'effort d'adaptation, mais de tentative de maquillage.
ici
là
là
là
ou encore là
Attention, je ne me laisse pas piéger par la reformulation simple, par synonyme, ou transformation d'un adjectif en nom ("rigidité paternelle" qui devient "rigidité de père"): je ne crois pas qu'il s'agisse d'effort d'adaptation, mais de tentative de maquillage.
ici
là
là
là
ou encore là
28/01/2013
des pays natals
et non "nataux"
Rappel: Les adjectifs finissant par -al font leur pluriel en -aux
Rappel: Les adjectifs finissant par -al font leur pluriel en -aux
Exceptions : bancal, fatal, final,
natal, naval et banal prennent un -s au pluriel (bien que le pluriel
banaux soit utilisé quand banal signifie "qui appartient au
seigneur").
Remarque : Les adjectifs austral,
boréal, glacial, idéal et pascal peuvent indifféremment faire leur
pluriel en -als ou en -aux.
15/01/2013
Nouvelles réalistes
Je mets à la disposition de tous les copies de chacun
Elles sont classées par sujet, de la meilleure à la moins bonne (pour celles qui m'ont été rendues jusqu'à présent). Je vous conseille de les lire, pour voir comment d'autres ont pu traiter le même sujet que vous.
Elles sont classées par sujet, de la meilleure à la moins bonne (pour celles qui m'ont été rendues jusqu'à présent). Je vous conseille de les lire, pour voir comment d'autres ont pu traiter le même sujet que vous.
08/01/2013
Manuel de français
J'ai fait le sacrifice de mon manuel de seconde, pour le hacher et le scanner. C'est toujours plus pratique d'en avoir une copie numérique, pour les exercices qu'on fera jeudi notamment.
Manuel en entier, très lourd (132 Mo), mais téléchargeable en 5-10 minutes
Manuel en parties
J'aurais pu vous donner les corrections des exercices, mais je préfère attendre un peu...
Manuel en entier, très lourd (132 Mo), mais téléchargeable en 5-10 minutes
Manuel en parties
J'aurais pu vous donner les corrections des exercices, mais je préfère attendre un peu...
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