Parfois, je m'attelle aux sujets que je vous donne en classe. Il faudrait que je fasse de même pour ceux donnés à la maison, mais je n'ai pas toujours le temps...
Le faire me permet de mieux comprendre les difficultés que vous avez rencontrées, et parfois de repérer un hors-sujet dans lequel je me suis laissé entraîner.
J'ai fait chaque sujet en même temps que vous, en y consacrant 45 minutes (un peu plus en fait pour la préface des Ames). J'ai pris beaucoup de plaisir à faire celui des Ames du purgatoire, assez peu pour l'autre. Celui de Dom Juan était plus difficile, car très argumentatif. Pour le faire, je n'ai pas fait ce que je vous conseille toujours: je n'ai fait ni brouillon, ni plan, mais je me suis contenté d'écrire au fil des idées - ce qui est très souvent catastrophique, pour les élèves du moins. Je suis assez peu satisfait de la façon dont j'ai traité ce premier sujet. L'absence de plan, le peu de connecteurs logiques, et une argumentation lache sont manifestes, bien que le ton de la confidence confiante faite au public le permette.
Je vous les montre, pour que vous les critiquiez, que vous interrogiez sur le pourquoi du choix des mots, des temps, des longueurs de phrase. Je pourrai vraiment répondre sur l'intention de "l'auteur", pour une fois...
Ce ne sont aucunement des corrigés, seulement des propositions: vous avez fait autrement, et peut-être mieux.
A demain
Sujet
Dom Juan
Les âmes du purgatoire
24/10/2012
23/10/2012
Préfaces allographes
Le sujet d'invention portait était d'écrire une préface allographe, sans consigne particulière. L'exercice était compliqué par notre séquence actuelle sur les préfaces autographes. Les deux sont assez différentes. Je me permets ici quelques remarques, sur les préfaces en général et sur ces différences.
- Le lecteur a déjà le livre dans les mains, qu’il l’ait acheté ou emprunté: il s’apprête à le lire. La préface n’est pas une quatrième de couverture (qui incite à l’achat du livre), ni une critique-chronique littéraire (qui recommande une lecture). Le préfacier ne peut donc énoncer des phrases injonctives (“vous devez/il faut lire” , “absolument”... etc).
- Ne pas perdre de vue qu’une préface n’est jamais nécessaire au livre. Elle peut certes en enrichir la lecture, orienter la compréhension, présenter le contexte d’écriture ou de réception. Mais, au final, elle doit justifier sa présence, pour que le lecteur ne la saute pas pour se précipiter vers le texte. Elle doit susciter l'envie d'être lue, donner l'impression au lecteur d'un apport particulier. Personnellement je ne trouve pas les préfaces efficaces, je ne les lis jamais avant le livre; parfois, je les lis après la lecture du livre, comme une postface. Et je crois que vous êtes comme moi... Malcom Lowry, à l'inverse, affirme ne lire souvent que la préface.
- Un préfacier autographe justifiera son oeuvre: pourquoi il l’a faite, et pourquoi comme ça, et dans quelles circonstances,... Un préfacier allographe a 2 postures face un texte. Soit il est “universitaire”, et il apporte des informations critiques/biographiques/historiques... etc, tout ce qu’on pourrait résumer comme le contexte de l’oeuvre, son “autour”. Soit il est “premier lecteur”, il parle de la résonance de la lecture; il développe alors deux topiques: combien les personnages nous toucheront par leur vérité et nous émouvront par leurs difficultés/débats, combien l’action emportera notre intérêt, par son suspens ou son intensité. Ce préfacier usera du ton de la confidence, de la conversation...
- Personne n’aime recevoir des leçons (cf point 1). Des informations à la rigueur.
- Il est important d'avoir un plan, une introduction qui accroche, et une conclusion qui donne envie d'enchaîner immédiatement avec la lecture du livre.
- Parler d'un livre qu'on aime est la meilleure façon de parler de soi. Comme l'inverse est vrai aussi, le préfacier se met souvent en scène dans sa lecture, sans hésiter à confier ses émotions et ses réactions. Chaque face qu'un énonciateur parle de ses sentiments, dès qu'il montre ses émotions, il faut qu'il utilise la ponctuation expressive.
- Ce principe du "parler de soi" se retrouve dans les avis sur les livres donnés sur les sites qui vendent du livre, comme amazon. Peut-être que ces avis ne sont pas "justes", mais ils sont efficaces.
- Voici un texte de présentation que j'avais écrit pour un magazine des Récits de la Kolyma, de Varlam Chalamov: il respecte finalement bien le cahier des charges d'une préface, je crois. Mais vous pouvez me dire que non, en commentaire; et on en discutera. (Précision: seuls les deux premiers paragraphes ont été publiés, ce qui fait que je me suis fâché avec le rédacteur...)
18/10/2012
Et voilà ce qu'on étudiera ensuite
Et que vous lirez pendant les vacances...
C'est 3 euros, et c'est disponible à la librairie Teissier, rue Régale (comme les 2 précédents).
12/10/2012
Préfaces: textes
Voici les textes de la séquence.
Pour l'exercice de syntaxe sur la préface de Léry:
original:
proposition de "resyntaxisation":
Pour l'exercice de syntaxe sur la préface de Léry:
original:
lequel,
en departant du lieu où je demeurois lors, ayant presté et laissé
à un bon personnage,
il advint que comme ceux ausquels il l'avoit
baillé pour le m'apporter, passoyent par Lyon, leur estant osté à
la porte de la ville, il fut tellement esgaré, que, quelque
diligence que je fisse, il ne me fut pas possible de le recouvrer.
proposition de "resyntaxisation":
, en departant du lieu où je demeurois lors, CE MANUSCRIT (lequel) ayant ETE presté et laissé à un bon personnage,
il advint que comme ceux ausquels il l'avoit baillé, pour le m'apporter, passoyent par Lyon, PARCE QUE IL leur FUT (estant) osté à la porte de la ville, il fut tellement esgaré, que, quelque diligence que je fisse, il ne me fut pas possible de le recouvrer.
La difficulté consistait à bien voir que "leur estant osté à la porte de la ville" est une proposition participiale, qui a valeur de cause et de temps (comme en latin).
Difficile aussi de voir qu'au départ "lequel" a la fonction de COD de "presté et laissé", fonction qu'il ne peut plus avoir en français.
09/10/2012
1er DS: les meilleurs copies
Voici un lien vers un scan des deux meilleures copies. Peut-être, cela vous donnera-t-il des idées...
05/10/2012
Pour ceux qui m'ont soutenu que l'anglais était une langue charmante
Nos jugements sur la musicalité des langues est rarement objective, mais souvent conditionnée par des présupposés (allemand sérieux vs italien fantasque).
Voilà un extrait du film australien Kenny. C'est si incompréhensible qu'une transcription est proposée (sur youtube du moins). Mais vous pouvez toujours parier: de quoi parlent-ils donc ?
Voilà un extrait du film australien Kenny. C'est si incompréhensible qu'une transcription est proposée (sur youtube du moins). Mais vous pouvez toujours parier: de quoi parlent-ils donc ?
04/10/2012
Exercices pour supprimer "il y a"
1.Remplacez l'expression «il y a» par un verbe de mouvement.
Exemple :
« Il y a une montagne devant nous. » → « Une montagne s'élève devant nous. »
a. Il y a une rivière en contre-bas.
b. Il y a de grands sapins au fond du jardin.
c. Il y a un mur entre notre propriété et celle des voisins.
d. Il y avait une cascade sur le versant nord de la montagne.
e. Il y avait un morceau de bois de forme étrange à la surface de l'eau.
f. Il y a des éclairs dans le ciel.
g. Il y a d'énormes carpes dans cet étang !
h. Il y a du vent et de la pluie, (deux verbes)
i. Il y a un sentier entre les arbres.
j. Il y a un brouillard opaque sur les montagnes.
k. Regarde, il y a des grenouilles dans l'herbe.
l. Il y a des centaines de touristes sur cette plage ; je préfère aller ailleurs.
2 . Remplacez l'expression « il y a » par un verbe de perception.
Exemple : « II y a à l'horizon un bateau. » → «J'aperçois à l'horizon un bateau. »
a. Hier, il y avait de la musique dans la rue. b. Quand on regarde au microscope, il y a des bactéries. c. J'ai lu sa rédaction, il y a de nombreuses fautes d'orthographe ! d. Je ne resterai pas dans cette pièce une minute de plus ; il y a une odeur insupportable ! e. Quand Christian sortit, il y avait un vent glacial. f. Je reprendrai volontiers de ce gâteau car il y a un goût de cannelle que j'adore !
3. Remplacez le verbe être par un verbe plus expressif.
a. La mer est d'une couleur verte ce matin. b. On raconte que le fantôme est dans ce château. c. Elle est aimable avec tout le monde. d. Son visage était flétri.
Exercice pour remplacer "être" et "avoir"
Améliorez les phrases suivantes ( reformulez pour supprimer « être » ou « avoir »)
H. a de petits yeux qui illuminent son visage.
H est attachante, sympathique et très sensible.
C'est un ange, tout court!
M., c'est mon voisin.
Ses yeux noirs ont un regard doux.
Ce très beau garçon a l'air...
Elle a des dents qui brillent comme...
Elle a l'air très aimable.
Ses yeux sont cachés par des mèches.
Sa peau est reflétée par le soleil.
Son nez était long.
Grand et maigre, son visage...
Ce jeune homme a l'air d'une personne hyper stressée.
Il était très grand.
( grand de taille / blanc de couleur)
c'est une fille vraiment splendide.
Ses cheveux sont brun foncé et tombent.
Il a l'air.
Il a une bouche qui semble timide.
Sa voix semble trop petite.
Son parfum semble toujours le même.
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